Brancher 2 robinets sur une arrivée d’eau PER est une demande fréquente en rénovation, surtout pour passer d’une simple vasque à une double vasque sans refaire toute la plomberie. L’opération est tout à fait possible, à condition de choisir une dérivation cohérente avec le diamètre du PER, le débit disponible et le type de raccordement prévu sous le meuble ou derrière la cloison.
Les cas concrets reviennent souvent sur les forums de bricolage et de plomberie, par exemple lors d’un changement de meuble de salle de bain, avec une arrivée existante en PER 12 mm et des robinets livrés avec des flexibles en G3/8. La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si l’on peut dédoubler l’arrivée, mais comment le faire proprement, durablement et dans une logique de maintenance.
Peut-on brancher 2 robinets sur une arrivée d’eau PER ?
Oui, il est possible de brancher 2 robinets sur une arrivée d’eau PER, aussi bien en eau froide qu’en eau chaude. C’est une solution courante pour alimenter une double vasque, deux points d’eau côte à côte ou plusieurs équipements à partir d’une même arrivée.
Dans la pratique, plusieurs solutions existent :
- un raccord en té, pour créer deux départs simples,
- un raccord en Y, souvent apprécié pour une répartition plus progressive,
- un dédoubleur monté en sortie filetée,
- une nourrice ou un collecteur, plus propre quand on veut distribuer plusieurs lignes distinctes,
- une sortie PER vers robinet d’arrêt, puis raccordement final par flexibles.
Cette possibilité est confirmée par de nombreux retours d’expérience. Un cas publié sur un forum de rénovation de salle de bain le 20/02/2018 évoquait déjà un repiquage sur cuivre au sous-sol, puis un passage en PER à raccord à glissement derrière des cloisons en BA13 pour alimenter 2 robinets. Plus récemment, une question postée le 21/10/2023 concernait un meuble de salle de bain passant de 1 robinet à 2 robinets avec une arrivée existante en PER de diamètre extérieur 12 mm.
La faisabilité n’est donc pas le vrai frein. Le point décisif concerne surtout la qualité du montage et l’accessibilité des raccords.
Vérifier le diamètre du PER, le débit et la pression avant de faire la dérivation
Avant d’ajouter une seconde sortie, il faut vérifier si l’installation peut alimenter deux robinets sans perte de confort. Trois critères comptent vraiment, le diamètre du tube, le débit disponible et la pression du réseau.
Sur des installations domestiques, plusieurs retours de terrain donnent des repères utiles. Une réponse d’expert publiée en avril 2021 rappelait qu’en dessous d’un diamètre 14, ce n’est pas l’idéal pour plusieurs usages, et qu’une pression sanitaire d’au moins 1,5 à 2 bars reste un minimum pour conserver un usage correct. Le 12 mm peut fonctionner pour deux robinets de lavabo, mais il devient plus limite en simultané si d’autres appareils tirent déjà sur la même ligne.
Quel diamètre de PER faut-il pour alimenter deux robinets ?
Pour deux robinets de salle de bain, le PER 12 mm peut suffire dans certains cas, surtout si les deux points d’eau servent ponctuellement et si le réseau est correctement alimenté. C’est d’ailleurs une configuration très répandue dans les rénovations de meubles doubles vasques.
Malgré cela, le PER 16 mm reste plus confortable pour créer une dérivation propre, surtout :
- si les deux robinets risquent d’être utilisés en même temps,
- si la longueur de tube entre l’alimentation et les sorties est importante,
- si d’autres appareils sont déjà branchés sur la même arrivée,
- si la pression du logement est moyenne.
Une solution fréquemment évoquée consiste à rester en 16 mm en amont, puis à réduire en 14/12 ou vers les sorties adaptées aux appareils. Cela permet de limiter la sensation de manque de débit au moment de l’ouverture simultanée.
| Diamètre de PER | Usage possible | Appréciation pratique |
|---|---|---|
| 12 mm | Deux robinets de lavabo | Possible, mais parfois limite si usage simultané |
| 14 mm | Petite dérivation domestique | Plus confortable que 12 mm |
| 16 mm | Dérivation vers plusieurs sorties | Choix plus sûr pour débit et stabilité |
Y a-t-il un risque de baisse de pression avec deux robinets ?
Oui, une baisse de pression ou plutôt une baisse de débit ressenti peut apparaître si les deux robinets fonctionnent ensemble. Techniquement, le problème dépend du dimensionnement global et pas uniquement du raccord de séparation.
Le risque augmente dans les cas suivants :
- arrivée d’eau déjà en 12 mm,
- long trajet en PER avec plusieurs coudes,
- pression réseau faible, sous les 1,5 à 2 bars,
- branchements supplémentaires sur la même ligne,
- robinetterie avec flexibles de petit passage.
Pour une double vasque, la gêne reste souvent modérée, car un lavabo consomme moins qu’une douche ou qu’un lave-linge. Mais si l’objectif est d’obtenir une installation durable, il vaut mieux raisonner dès le départ en répartition équilibrée plutôt qu’en simple dépannage.
Quel raccord utiliser pour diviser une arrivée d’eau PER ?
Le bon raccord dépend de l’endroit où la division est faite, de l’accessibilité future et du type de sortie à raccorder ensuite. Dans un meuble de salle de bain, la solution la plus propre n’est pas toujours la plus rapide à poser.

Faut-il un té ou un y pour brancher deux robinets ?
Le té est la solution la plus classique. Il est simple, facile à trouver et bien adapté si les deux départs sont symétriques ou si l’encombrement est réduit. Pour beaucoup d’installations de double vasque, il remplit parfaitement son rôle.
Le raccord en Y, lui, est souvent cité comme plus favorable à une répartition uniforme de l’eau, avec moins de turbulences qu’un té. C’est aussi le conseil mis en avant dans un article pro publié le 22/07/2024, où le Y est présenté comme souvent préférable pour une distribution plus efficace sur deux vasques.
En pratique :
- choisir un té si l’installation est simple, compacte et bien dimensionnée,
- choisir un Y si l’on veut une dérivation plus fluide, notamment sur une ligne un peu juste.
Dans les deux cas, il faut garder un point essentiel en tête, un raccord mécanique ne doit pas être enfermé derrière un placo sans accessibilité. Les recommandations de mise en œuvre des raccords PER rappellent qu’un raccord doit rester visible, visitable et remplaçable si nécessaire.
Quand choisir une nourrice ou un dédoubleur plutôt qu’un simple raccord
La nourrice, aussi appelée collecteur, devient pertinente quand on veut faire les choses de manière plus évolutive. Elle permet de distribuer plusieurs départs séparés, avec parfois une vanne par ligne, ce qui facilite l’entretien et les futures modifications.
Le dédoubleur ou adaptateur de sortie est plus intéressant quand il existe déjà une sortie filetée accessible sous le meuble et que l’objectif est de ne pas modifier le réseau PER encastré. C’est souvent la solution recherchée par les bricoleurs qui veulent éviter une intervention dans le mur.
On choisit plutôt une nourrice si :
- plusieurs équipements doivent être alimentés,
- une installation propre et évolutive est recherchée,
- les raccordements restent accessibles dans un placard technique ou sous meuble.
On choisit plutôt un dédoubleur si :
- la sortie existante est déjà filetée et accessible,
- les flexibles des robinets sont proches,
- il s’agit d’une adaptation légère sur une installation existante.
Le matériel nécessaire pour brancher 2 robinets sur une arrivée d’eau PER
Le matériel précis dépend de la configuration, mais une base fiable permet d’éviter les montages improvisés qui finissent par fuir ou vibrer.
Les raccords compatibles avec une installation en PER
Le PER, polyéthylène réticulé, accepte plusieurs familles de raccords. Les plus courants sont :
- les raccords PER à glissement, très utilisés en rénovation,
- les raccords PER à sertir, fiables et propres avec l’outillage adapté,
- les raccords PER à compression, souvent réservés aux zones accessibles,
- les raccords filetés pour raccorder ensuite vers vannes, sorties murales ou flexibles.
Le raccord à glissement reste une référence pratique. Il est souvent jugé simple à monter et économique, à condition de respecter les étapes de pose, coupe propre et perpendiculaire, bague en place, évasement correct, insertion complète de l’insert strié et glissement jusqu’à butée.
Pour un montage durable, mieux vaut prévoir :
- un coupe-tube PER,
- une pince à glissement ou à sertir selon le système retenu,
- les bagues au bon diamètre,
- un té ou Y compatible PER,
- des sorties filetées si raccordement sur flexibles,
- des joints adaptés et du téflon pour les parties filetées quand c’est prévu.
Choisir les vannes d’arrêt et les sorties adaptées aux flexibles de robinet
Dans beaucoup de projets de double vasque, les robinets sont livrés avec des flexibles en G3/8. C’est un détail à vérifier avant d’acheter les raccords, sinon il faut multiplier les adaptateurs, ce qui alourdit le montage.
La configuration la plus propre consiste souvent à prévoir :
- une vanne d’arrêt par robinet,
- une sortie filetée compatible avec le flexible du mitigeur,
- un entraxe et une orientation qui évitent les flexibles trop pliés.
La vanne individuelle est un vrai plus. Si un mitigeur doit être remplacé ou si un flexible fuit, il n’est pas nécessaire de couper toute la ligne. C’est aussi la logique recommandée dans plusieurs guides pratiques récents sur la double vasque avec une seule arrivée.
Les étapes pour créer une seconde sortie proprement
Un montage propre repose autant sur la méthode que sur le choix du raccord. L’idée est de créer une dérivation courte, lisible et accessible, sans coincer un raccord délicat derrière une cloison fermée.

- Couper l’alimentation d’eau générale ou la zone concernée.
- Vidanger la ligne pour travailler sans pression résiduelle.
- Repérer le diamètre du PER et le type de raccord déjà en place.
- Choisir le point de dérivation dans une zone accessible, sous meuble, en gaine technique ou avant la cloison.
- Poser le té, le Y ou la nourrice selon le schéma retenu.
- Tirer deux sorties distinctes vers chaque robinet.
- Installer les vannes d’arrêt et les sorties adaptées aux flexibles.
- Raccorder les flexibles sans contrainte ni torsion.
- Remettre en eau puis contrôler l’étanchéité et le débit.
Comment vérifier la compatibilité entre le PER et la robinetterie
La compatibilité se contrôle à trois niveaux :
- le diamètre du tube PER, par exemple 12 ou 16 mm,
- le type de raccordement, glissement, sertissage, compression, filetage,
- la connexion finale du robinet, souvent en G3/8 pour les mitigeurs de lavabo récents.
Un point revient souvent dans les projets de rénovation, la tentation de chercher un seul raccord qui fasse tout, avec PER en entrée et deux sorties directes vers flexibles. Ce type de montage existe parfois sous forme d’adaptateurs ou de dédoubleurs, mais il n’est pas toujours le plus propre ni le plus universel. Une sortie intermédiaire avec vanne d’arrêt reste généralement plus fiable et plus simple à entretenir.
Tester l’étanchéité et le débit après le branchement
Le contrôle final doit être fait avec soin, surtout si le meuble ou l’habillage cacheront ensuite une partie de l’installation.
La bonne méthode :
- ouvrir l’eau progressivement,
- inspecter chaque raccord à sec, à la main et visuellement,
- passer un papier absorbant autour des raccords pour repérer une micro-fuite,
- faire couler chaque robinet séparément, puis les deux en même temps,
- vérifier que les flexibles ne vibrent pas et ne forcent pas sur les sorties.
Si le débit chute fortement quand les deux robinets sont ouverts, la dérivation fonctionne peut-être correctement mais la ligne d’alimentation est sous-dimensionnée. Dans ce cas, il faut parfois reprendre la distribution un peu plus en amont avec un diamètre supérieur.
Comment éviter les fuites sur un branchement en PER ?
Les fuites sur un branchement en PER viennent souvent de détails évitables, coupe irrégulière, bague mal positionnée, raccord mal serré, filetage inadapté ou raccord caché dans un endroit inaccessible.
Pour sécuriser l’installation :
- utiliser des raccords compatibles avec le diamètre exact du tube,
- faire une coupe bien perpendiculaire,
- respecter la procédure du fabricant pour le glissement ou le sertissage,
- ne pas mélanger des raccords approximatifs ou des réductions en cascade,
- réserver le téflon aux raccords filetés qui le nécessitent,
- éviter de noyer un raccord mécanique derrière le placo,
- prévoir un minimum de souplesse dans le cheminement des flexibles et du PER,
- installer une vanne par sortie pour isoler facilement un problème.
Le point le plus souvent négligé reste l’accessibilité. Un raccord peut être parfaitement posé le jour des travaux et poser problème plusieurs années plus tard. Une installation pensée pour être contrôlée et démontée sans casse coûte rarement plus cher, mais elle évite beaucoup de reprises.
Pour une double vasque, la solution la plus équilibrée consiste souvent à créer une dérivation accessible, avec un té ou un Y bien dimensionné, puis à repartir vers deux vannes d’arrêt et deux sorties compatibles G3/8. Si l’arrivée actuelle est en PER 12 mm, le montage peut fonctionner, mais un contrôle du débit réel reste prudent avant de refermer ou de finaliser le meuble.
Quand l’installation existante est ancienne, quand les raccords doivent passer derrière une cloison ou quand plusieurs équipements dépendent déjà de la même ligne, l’intervention d’un plombier permet surtout d’éviter une mauvaise dérivation cachée. C’est souvent là que se joue la différence entre un simple branchement qui marche aujourd’hui et une plomberie fiable pour les années à venir.





